Juin 2026  L’ONF alerte de dépérissements dans les Pyrénées

Comme l’été dernier, l’Office National des Forêts alerte dans cet article de dépérissements observés dans les forêts de montagne commingeoises, au cœur des Pyrénées centrales.

Le réchauffement climatique et l’impact des cervidés sont montrés du doigt, avec raison. Canicules et épisodes de sécheresses se succèdent toujours plus, provoqués par une aggravation de l’effet de serre provenant de l’augmentation constante des activités humaines.

Toutefois, la gestion passée est aussi à regarder de près lorsqu’on évoque des dépérissements, notamment en montagne. Ainsi, un peuplement de sapins dépérissants était pris en exemple par l’ONF sur la commune de Boutx à l’été 2025. Pourtant, deux données n’apparaissaient pas dans la communication : d’une part, la sapinière était située en partie, et semble t’il majoritairement, en versant sud ; d’autre part, cette ancienne hêtraie sapinière avait subi une sélection drastique en faveur de l’essence résineuse, comme noté dans un Aménagement Forestier précédent. Rien d’étonnant à ce qu’il y sèche, donc.

Il ne faut pas confondre Sapin blanc et Épicéa commun. Le sapin s’est installé naturellement depuis l’Est jusqu’à la forêt d’Iraty après les glaciations et a développé une variabilité génétique importante. Il subit des dépérissements parfois importants dans la partie orientale de la chaîne, où l’histoire de la gestion doit également être passée à la loupe. Il peut y être attaqué par le scolyte Pityokteines sp.

L’épicéa, espèce exogène, a été massivement planté par le Fonds Forestier National (FFN), de l’après guerre aux années 80 dans les Pyrénées, le plus souvent en monoculture, et notamment chez une myriade de petits propriétaires, quelquefois sur d’anciennes prairies. On le trouve parfois sur des sols superficiels, des altitudes et des expositions inadaptées. Ils est confronté à des attaques importantes de scolytes typographes (Ips typographus), qui se reproduisent jusqu’à 3 fois les années très chaudes et provoquent la mort de l’arbre. Le stress hydrique et les scolytes impactent actuellement les pessières pyrénéennes très fortement. Toutefois, le réchauffement qui, répétons-le, est indéniable, n’est pas le seul facteur à mettre en cause dans de nombreuses situations.

Dans le cas présent, il aurait été intéressant que l’article fasse état de l’histoire de la gestion des parties de massifs impactées par le réchauffement climatique, tout en différenciant les essences pour ne pas confondre le lecteur.

 

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