actualites forets

Juillet 2026  Détruire les forêts déclaré projet d’intérêt national

Le 6 juillet dernier, un décret qualifiant le projet E-CHO à Lacq (Pyrénées atlantiques) de « projet d’intéret national majeur » a été voté.

« Ce projet contribue directement à la souveraineté énergétique de la France en produisant localement des carburants de substitution au pétrole aujourd’hui importé. La récente actualité géopolitique a démontré la nécessité de développer notre souveraineté énergétique » argumente la préfecture dans un communiqué. Pour voir l’article dans la République des Pyrénées, cliquer ici.

972m3 de prélèvement brut d’eau/heure, 300000 tonnes de bois par an dont on nous dit qu’une majorité serait issue de connexes et résidus (trouvés où, avec un marché déjà saturé ?), 2 milliards d’euros d’investissement, un rayon d’approvisionnement jusqu’au Périgord et à la Méditerranée, des rejets considérables de gaz à effet de serre, pour produire 1 % du besoin en carburant d’aviation des aéroports français … c’est ça, la transition écologique ? Plus de 260 communes à travers les Pyrénées ont déjà délibéré contre le projet E-CHO (voir les communes). Les collectifs organisés contre le projet n’ont pas dit leur dernier mot.

Juillet 2026  LGV et forêt ancienne de la vallée du Ciron

Le tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax omet toute considération envers la biodiversité. Il traversera 8 zones natura 2000 où vivent des espèces protégées.

La vallée du Ciron, abritant l’une des forêts les plus anciennes de France (40000 ans),  devrait être traversée par 17 ponts et viaducs dans le cadre du chantier. Son écosystème est menacé, et les luttes s’organisent, avec un millier de personnes rassemblées samedi 4 Juillet.

C’est ce que nous apprend ce documentaire très complet réalisé par 3 étudiants bordelais.

Un article de Reporterre est également paru ce jour, focalisant sur les impacts désastreux attendus dans la forêt du Ciron. A noter une erreur de taille dans l’article : la forêt du Ciron est l’une des plus anciennes de France (hêtraie avec une continuité d’état boisé estimée à 40000 ans, donc un sol forestier depuis cette époque) mais pas du tout vieille (qui signifie ancienne + mature).

 

Juillet 2026  La France « sacrifie » son puits de carbone forestier

Dans cet article paru le 1er Juillet dans Le Monde, l’association Canopée nous alerte sur la feuille de route de la nouvelle stratégie nationale bas carbone, prête à être rendue publique.

La hausse prévue des prélèvements de bois, notamment par le soutien politique au bois énergie et aux bio carburants, va à l’encontre de la capacité de la forêt à absorber du carbone, et des objectifs de neutralité carbone que se fixe le pays. 

Juillet 2026  Carbone en forêt primaire versus plantations

L’association belge Forêt et Naturalité nous informe : une nouvelle étude scientifique démontre que les forêts plantées stockent 83% moins de carbone que les forêts primaires.

Ceci s’explique par le fait que le carbone est majoritairement stocké dans le sol, et non dans les arbres. Cette capacité de stockage, propre aux forêts anciennes, ne peut pas être compensée par la simple plantation de nouveaux arbres sur un sol dégradé.

Pour lire l’étude parue dans la revue Sciences, cliquer ici.

Juillet 2026 Pyrénées audoises et Jura Sauvage

Ce mois de Juin, 2 projets d’acquisition de forêts à fort enjeu écologique ont été lancés par deux organismes amis, sur la plateforme Fraternité pour Demain :

Dans les Pyrénées audoises, Forêts préservées est en cours d’acquisition de parcellaires forestiers à fort enjeu biologique (hêtraie sapinière mature, très gros chênes tortueux), mais aussi des zones de cascades pétrifiantes et des linéaires de ripisylve sauvage qui abritent le Calotriton des Pyrénées, l’Écrevisse à pattes blanches, le Crapaud alyte accoucheur et probablement le Desman des Pyrénées. Il manque à ce jour 5630 euros pour finaliser l’achat. Voir le projet

Dans le Jura, États sauvages a l’opportunité d’acquérir une propriété forestière totalisant 11,7 hectares, située au cœur d’un des grands massifs du Haut Jura. Et ainsi la possibilité de sanctuariser définitivement un joyau de biodiversité fréquenté par des espèces emblématiques comme le Grand tétras et le Lynx boréal. L’achat est sécurisé (2ème palier atteint), mais l’appel à dons n’est pas terminé. Voir le projet

Juin 2026  L’ONF alerte de dépérissements dans les Pyrénées

Comme l’été dernier, l’Office National des Forêts alerte dans cet article de dépérissements observés dans les forêts de montagne commingeoises, au cœur des Pyrénées centrales.

Le réchauffement climatique et l’impact des cervidés sont montrés du doigt, avec raison. Canicules et épisodes de sécheresses se succèdent toujours plus, provoqués par une aggravation de l’effet de serre provenant de l’augmentation constante des activités humaines.

Toutefois, la gestion passée est aussi à regarder de près lorsqu’on évoque des dépérissements, notamment en montagne. Ainsi, un peuplement de sapins dépérissants était pris en exemple par l’ONF sur la commune de Boutx à l’été 2025. Pourtant, deux données n’apparaissaient pas dans la communication : d’une part, la sapinière était située en partie, et semble t’il majoritairement, en versant sud ; d’autre part, cette ancienne hêtraie sapinière avait subi une sélection drastique en faveur de l’essence résineuse, comme noté dans un Aménagement Forestier précédent. Rien d’étonnant à ce qu’il y sèche, donc.

Il ne faut pas confondre Sapin blanc et Épicéa commun. Le sapin s’est installé naturellement depuis l’Est jusqu’à la forêt d’Iraty après les glaciations et a développé une variabilité génétique importante. Il subit des dépérissements parfois importants dans la partie orientale de la chaîne, où l’histoire de la gestion doit également être passée à la loupe. Il peut y être attaqué par le scolyte Pityokteines sp.

L’épicéa, espèce exogène, a été massivement planté par le Fonds Forestier National (FFN), de l’après guerre aux années 80 dans les Pyrénées, le plus souvent en monoculture, et notamment chez une myriade de petits propriétaires, quelquefois sur d’anciennes prairies. On le trouve parfois sur des sols superficiels, des altitudes et des expositions inadaptées. Ils est confronté à des attaques importantes de scolytes typographes (Ips typographus), qui se reproduisent jusqu’à 3 fois les années très chaudes et provoquent la mort de l’arbre. Le stress hydrique et les scolytes impactent actuellement les pessières pyrénéennes très fortement. Toutefois, le réchauffement qui, répétons-le, est indéniable, n’est pas le seul facteur à mettre en cause dans de nombreuses situations.

Dans le cas présent, il aurait été intéressant que l’article fasse état de l’histoire de la gestion des parties de massifs impactées par le réchauffement climatique, tout en différenciant les essences pour ne pas confondre le lecteur.

 

Juin 2026  Dégradation de matériel : à qui la faute ?

Les entreprises de travaux forestiers (ETF) subissent de nombreuses dégradations sur leurs matériels. Elles annoncent près de 400 actes contre leurs engins en Nouvelle Aquitaine en 4 ans qui vont du graffiti à l’incendie. Les Entrepreneurs de Travaux Forestiers (ETF) accusent les Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement (APNE) de ces méfaits. L’accusation est d’agir directement ou de créer une ambiance permettant le passage à l’acte.

Alexis Ducousso, ingénieur de recherches à l’Inrae Bordeaux-Aquitaine, a mené l’enquête durant 1 an et demi : est-ce que ces accusations sont pertinentes ou pas ? La deuxième question est qui peut mener ces actes ?

Un article très éclairant à consulter ici

Juin 2026  Enquète du CNPF sur les biocarburants

Voici une enquête sur un sujet très important, qui pourrait avoir de profondes conséquences sur les paysages, les écosystèmes, les finances publiques et la filière bois locale des Pyrénées et du sud ouest.

L’enquête, plutôt discrète car non diffusée dans le lettre du CNPF, à laquelle on répond en 5-6 minutes, s’intitule : quels sont les perceptions, les freins et les leviers à l’utilisation de la ressource forestière en biocarburants ? Pour y répondre, cliquer ici

Mai 2026 Les Echos d’Ecofor no 69

Le GIP Ecofor est un Groupement d’Intérêt Public regroupant les principaux organismes forestiers français. Ses activités principales portent sur l’étude du fonctionnement et de la dynamique des écosystèmes, ainsi que sur la gestion durable des forêts

Son dernier bulletin des Echos met en lumière l’un des sujets d’étude principaux : la biodiversité. « Si la biodiversité influe le fonctionnement de la forêt, inversement, on s’attend à ce qu’un forçage externe sur le fonctionnement de la forêt ait une incidence sur la biodiversité. »

Un autre zoom est effectué sur les coupes rases. Hasard de calendrier ou pas, le sujet a été débattu lors d’une table ronde de la Commission de l’Assemblée Nationale, puis lors d’un colloque organisé par l’association Canopée.

Une deuxième table ronde, réunissant des députés de tout l’éventail politique (hors RN) a confirmé un fort souhait  de l’Assemblée Nationale d’un encadrement des coupes rases.

Mai 2026  900 arbres abattus pour le Tour de France

Environ 900 arbres seront abattus dans les Vosges pour sécuriser le passage du Tour de France cet été. Des travaux réalisés en pleine période de nidification dans une zone protégée (ZPS des Hautes-Vosges). « La période est vraiment mal choisie », déplorent des naturalistes.

Voir l’article du média en ligne Reporterre.

Mai 2026  Dernières informations de l’usine Biosyl

Nous vous transmettons le dernier communiqué de presse du Réseau Forêt Limousine, regroupement d’associations, collectifs, syndicats et groupements forestiers qui œuvrent pour des forêts vivantes en Limousin.

Et ce, suite aux incendies qui ont eu lieu sur le site de l’usine Biosyl en Haute-Loire.

En Creuse, la colère gronde alors qu’en Haute Loire, l’usine brûle.

Mai 2026  Articles de Reporterre

Le premier article évoque un scandale, celui du président du CRPF Bretagne, propriétaire d’un terrain en bord de route avec un alignement remarquable de 70 chênes bicentenaires. Celui-ci avait programmé leur abattage mais la mobilisation riveraine a pu en sauver 50, grâce à la présence du coléoptère Pique prune, pourtant bien identifié. La destruction sans dérogation de l’habitat de cette espèce rare et protégée est un délit puni par la loi.

Le second article nous parle de la réintroduction du Grand tétras dans les Vosges, vue par Michel Munier qui a assisté à sa disparition naturelle.

« On devrait investir notre énergie pour protéger ces habitats, de vieilles forêts qui se raréfient, et aider les forestiers à en avoir une gestion différente. Tout cet argent utilisé pour tenter la réintroduction aurait pu servir à l’ensemble de la faune et pas à une seule espèce qui va disparaître. Pourquoi vouloir les forcer à s’adapter ?, interroge-t-il. Sa disparition m’attriste, mais plus encore cet orgueil des hommes qui veulent dicter leur caprice à la nature. »

Retour en haut