AVANT PROPOS :

  Ce site souhaite, sans prétention, apporter une autre perception des vieilles forêts, à travers l’expérience pyrénéenne.       

Il est totalement indépendant. Il n’a rien à vendre, et ne cherche à plaire à aucun groupe particulier de gens.

C’est un portail d’expression pour tous ceux qui oeuvrent de près ou de loin à la reconnaissance et à la protection des forêts âgées dans les pyrénées, un milieu de vie proche de nous et pourtant méconnu.

C’est un lieu où l’on peut prendre son temps, regarder des photos, lire des interviews ou des articles de fond. 

C’est un acte bénévole et gratuit, c’est un cadeau, tout comme l’est cette nature autour de nous.

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Habitant des Pyrénées et biologiste amateur, je suis engagé depuis 15 ans dans la reconnaissance des vieilles forêts de nos montagnes.

Les interactions que l’on y observe m’ont apporté une compréhension sensitive allant bien au delà de mes apprentissages naturalistes.

Que représentent-elles, pourquoi vouloir en parler?

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Hêtraie inexploitée depuis plusieurs décennies

En premier lieu, pour qu’on comprenne leur valeur biologique et leur vulnérabilité.

Le fonctionnement naturel d’une forêt est celui d’une libre évolution ancienne, en apparence chaotique, accomplissant la totalité de ses cycles, hébergeant des centaines voire des milliers d’espèces, à la différence des sylves exploitées de manière classique (1).

Méconnues, de telles forêts, hauts lieux de naturalité, existent dans les Pyrénées. Peu ou pas exploitées depuis au moins 100 ans, elles sont dispersées, souvent inaccessibles et plutôt rares :  2% environ de la totalité des forêts d’altitude.

Ces forêts anciennes et matures sont particulièrement riches mais aussi fragiles à l’échelle du long, du très long temps forestier.

Parce qu’elles ne bénéficient d’aucun statut de protection réglementaire au niveau national ou local, de nombreux lambeaux disparaissent encore dans l’ignorance générale, et avec eux les espèces liées aux stades âgés de la forêt. Leur structure peut être modifiée en un clin d’oeil par simple décision de gestion forestière, et par diverses pressions anthropiques développées dans ce site.

Aujourd’hui, il existe une formidable opportunité pour qu’existe un réseau de forêts vivantes d’une grande qualité écologique tout le long de la chaîne pyrénéenne.

Le chemin sera long mais il se dessine, malgré les idées reçues, le manque d’intérêt des acteurs locaux et des institutions, le peu de moyens alloués, la totale ignorance de leur existence même, par une majorité de locaux qui pensent que ce type de forêt n’existe que très loin de chez eux, ou n’en voient pas l’intérêt.

Parc National des Pyrénées, Réserves Naturelles et quelques poignées de scientifiques, de naturalistes, de forestiers, de bénévoles, d’élus, oeuvrent pas à pas. Ils concentrent leurs efforts sur des approches qui ne demandent qu’à être complémentaires avec les autres usages de la montagne. Plusieurs régions françaises montrent actuellement la voie. 

Des interviews et articles ciblés ouvrent des portes vers le fonctionnement des forêts en évolution naturelle, l’incroyable diversité génétique qu’elles hébergent, et vers des exemples de protection et d’initiatives actuellement menées dans les Pyrénées.

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Fonds de vallon en libre évolution

 
Ensuite, pour qu’on perçoive que
les forêts ne sont pas seulement des espaces utilitaires, de loisirs ou de conservation pragmatique de la biodiversité, même si ces fonctions y ont toute leur place.

Les vieilles forêts révèlent un univers inhabituel, aux atmosphères originelles singulières. Elle peuvent procurer un puissant sentiment de nature et une résonance très personnelle en nous.

Le désir d’immersion dans un espace empreint d’une certaine naturalité (2), dans un « biotope sensitif », est une motivation première, noble, vivifiante mais peu reconnue. Les milieux naturels sont généralement considérés dans leur fonction sociale comme des lieux de loisirs, de cueillette et de randonnées fléchées.

Lorsque les gestionnaires aménagent, facilitent les accès au lieu de les contenir, communiquent, ils se trompent d’enjeux, habillent les besoins de ressourcement fondamentaux d’autres raisons, de prétextes de surface. Dans les Pyrénées, aujourd’hui, de vieilles forêts peuvent encore échapper à ce type de glissements.

Personnellement, lorsque j’arpente ce milieu, je ressens un (r)éveil sensible unique, une certaine liberté, une connexion intime à cet ailleurs où les cycles de la vie se montrent tels qu’ils sont, je “respire”.

Cette expérience, unique et précieuse, naît en moi là où règnent les trésors naturels que le monde met à notre disposition, et parmi eux, ces recoins de forêts sauvages.

Et vous, avez vous fait l’expérience de ce type de connexion dans un milieu naturel, et lequel? Sentez vous ce que nous avons à gagner dans un meilleur équilibre entre ce que l’homme transforme, modifie et d’autre part, permet?  

 

Ce site vous invite à découvrir des approches sensibles
d’auteurs qui, dans bien des cas, mettent des mots sur des ressentis. Ils témoignent de leur rapport direct à une nature authentique, et de la grande richesse que ce contact privilégié peut apporter.

Ce monde ne se consomme pas, il ne se pénètre pas avec des machines mais à pied, seul ou seuls à plusieurs (3). Ainsi, il nous visite doucement.
 

Prenez votre temps pour visiter ce site, et revenez-y. Vous y trouverez des galeries photos et une foule d’informations, certaines très accessibles, d’autres plus pointues, ainsi que des enquêtes et des actualités régulièrement mises à jour.
 

Je vous souhaite une agréable exploration de cet espace qui je l’espère, sera à la hauteur de votre curiosité et vous fera voyager en vous.
 
 

L’auteur, Philippe Falbet
 

(1) Les futaies exploitées de manière classique et leurs bonnes pratiques écologiques ne sont pas l’objet du présent site. Toutefois, plusieurs « entrées » nous amènent à aborder le monde de la sylviculture dans des articles, actus et interviews. L’avenir des vieilles forêts, de la mise en production ou de la préservation de ces coeurs de biodiversité, est directement lié aux évolutions de la société et du monde sylvicole.
 

(2) La naturalité est un gradient, qui prend en compte les qualités écologiques de l’écosystème (diversité des peuplements et de la biodiversité associée, ancienneté, dynamique, indigénat, maturité, etc) mais aussi l’empreinte humaine et le sentiment de nature qui y existe. Comme le dit Rick Bass, « on mesure le diamètre d’un arbre. On ne mesure pas la magie d’une forêt, ni l’effet produit sur l’esprit par une forêt saine et vigoureuse, qui croît de toutes ses forces naturelles. »
 

(3) Seuls à plusieurs : Découverte à plusieurs personnes, mais chacune dans l’intimité de ses ressentis, loin des discussions hors sujet qui coupent des réalités du moment et de l’espace qui existe autour.