Micro habitats des gros arbres

L’automne 2013, lors d’une prospection en vieille forêt avec un groupe de naturalistes, un accompagnateur de montagne releva l’importance du document que nous présentons ici sur les dendro microhabitats. Nous le publions afin que chaque personne qui le souhaite puisse les identifier en forêt et comprendre le rôle des vieux et des gros arbres envers de très nombreuses espèces.  

 

Quelques données pour comprendre

Les microhabitats, tout comme par exemple le bois mort et les milieux ouverts, permettent l’existence de cortèges d’espèces spécifiques.

Comme il est dit dans le guide pratique « Evaluer la naturalité » du WWF duquel est tiré ce document (1) : « l’identification et la conservation d’une diversité et quantité suffisante de microhabitats sur arbre vivant est une des clés de la conservation de la biodiversité en forêt ».

A titre d’exemple, connaissez vous ces mouche-abeilles souvent striées de jaune, qui volètent autour de vous dans le potager ? Ce sont des syrphes, grandes pollinisatrices participant à la reproduction de nombreuses plantes mellifères. Jusqu’à 140 espèces de syrphidées ont été dénombrées dans une seule hêtraie sapinière pyrénéenne, dans des microhabitats spécifiques (cavités, dendrotelmes de hêtres) où elles se reproduisent (source : Laurent Larrieu).

En forêt subnaturelle pyrénéenne, 70% des microhabitats se trouvent sur les feuillus, le hêtre en portant assez tôt.

Toutefois, plus un arbre est gros et plus il héberge fréquemment des microhabitats. Ainsi, les TTGB (2) de sapins pectinés participent fortement à l’offre globale de microhabitats, même si des arbres d’un tel diamètre sont peu nombreux à l’hectare.

D’autre part, un certain nombre de microhabitats est lié exclusivement aux chandelles de sapins (coulées de sève active).

Les principaux microhabitats                                            Imprimer le document en PDF

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Où en est on?

Les recherches sont en cours, et les besoins d’études restent énormes, notamment sur les assemblages d’espèces et leurs traits de vie, le suivi temporel des microhabitats et leur distribution spatio-temporelle en forêt naturelle.

Un minimum de 20 ha est nécessaire pour que soit représenté l’ensemble des microhabitats de la hêtraie sapinière pyrénéenne (3).

Il est important de conserver le maximum de forêts naturellement mixtes, de créer des îlots de sénescence de grande surface et d’anticiper les discontinuités spatiales et temporelles.



(1) Reproduit d’après Emberger et Al., que nous remercions de leur collaboration

(2) TTGB = très très gros bois, qui correspondent à un minimum de 90 cms de diamètre de tronc pour les feuillus et 100 cms pour les résineux

(3) : Une intervention scientifique de Laurent Larrieu au colloque Naturalité à Chambéry en 2013 sur les dendro microhabitats peut s’écouter directement via le lien suivant (communication : microhabitats et maturité, clé de la biodiversité).

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