Octobre 2015  Le grand tétras, chassé par ici mais pas par là …

Rejet de référé à Toulouse pour l’Ariège où 22 Grand tétras sont attribués pour la chasse cette année, suspension du référé à Pau pour les Hautes Pyrénées, alors qu’il y a 2 ans, c’était l’inverse qui s’était passé avec les mêmes juges ; décision d’attribuer 5 coqs en Haute Garonne pour l’automne 2015… tentons d’y voir plus clair.

 

Habitant emblématique des vieilles forêts d’altitude pyrénéennes, le grand tétras est en très nette régression depuis les années 60, avec un effectif en baisse de 60 % entre 1960 et 1994 puis de 25 % entre 1995 et 2005 (Menoni et Duriez, 2008).

Les Pyrénées sont le seul massif montagneux français où l’espèce est encore chassée, alors qu’elle est espèce protégée ou interdite de chasse ailleurs. Et ce malgré la protestation de nombreux organismes, à travers par exemple le manifeste pour la préservation du Grand tétras. Pour le visionner, cliquer ici.

La tendance des effectifs semblait se stabiliser lors de la parution de la Stratégie Nationale d’Actions en faveur du grand tétras en 2012 (1).
 

Toutefois, au regard des estimations entre 2010/2011 et 2015 (2), il paraîtrait qu’il y ait une légère baisse des populations, estimée de l’ordre de 3 à 5 %.

En 2015, pour l’ensemble des Pyrénées, l’indice de reproduction est estimé à 1.3 jeunes par poule, ce qui en fait une année de reproduction moyenne : Une bonne reproduction s’estime à partir de 1.8 jeunes par poule (3).

Concernant les Pyrénées centrales (départements 65, 31 et 09), l’indice est de 1.4 jeunes par poule en piémont et de 1.5 jeunes par poule sur la haute chaîne (3).
 

Pourtant, malgré une reproduction moyenne ne semblant pas justifier la reprise de la chasse, les fédérations de chasse des trois départements pyrénéens de Midi Pyrénées ont déposé leurs demandes.
 

En Ariège, après 14 années consécutives d’interdiction de la chasse par le Tribunal Administratif de Toulouse, 22 grands tétras ont été attribués pour 2015.
 

Dans les Hautes Pyrénées, alors que la chasse était autorisée l’année dernière, elle a été interdite cette année (19 coqs demandés).
 

Pourtant, les populations sont à peu près identiques sur les deux départements de même que les quotas de prélèvements ; les arguments contre la chasse présentés par les juristes et avocats étaient les mêmes. Il y a deux ans, c’était l’inverse qui s’était produit et devant les mêmes juges.  
 

En Haute Garonne, alors que la chasse n’était plus pratiquée depuis plus d’une décennie (hormis l’attribution d’un coq en 2009), et que l’on observe une baisse modérée mais réelle des effectifs sur la période récente, 5 grand tétras ont été demandés par la Fédération de Chasse et seront chassés cette année.
 

Au niveau du seul département de la Haute Garonne, si l’on compare la population de 2010/2011 à la population de coqs recensés cette année, le Comminges subit une régression estimée d’environ 9 % des effectifs, le bassin de la Pique d’environ 4 %, le bassin de la Garonne d’environ 12 % (2).
 

Les autres espèces de galliformes de montagne :
 

Il est à noter une année de reproduction moyenne pour le lagopède alpin (2) (en forte régression depuis plusieurs décennies).
 

L’indice d’abondance de la perdrix grise est estimé bon sur certaines régions naturelles que sont le Pays de Sault occidental, le Pays d’Olmes et le Haut Bassin de l’Ariège Oriental.

Il est moyen sur d’autres et mauvais (en-dessous de la densité de 10 perdrix aux 100 hectares d’habitat naturel) sur les Bassins de la Pique, de l’Adour ou de la Garonne, le Conflent-Haut Vallespir Septentrional et la Barousse (2).
 
 

(1) Pour de plus amples informations sur les effectifs de l’espèce, voir la page 18 de la Stratégie Nationale d’Actions en faveur du Grand tétras 2012-2021. Pour la visionner, cliquer ici.

(2) Source : Bilan démographique Pyrénées 2015, Observatoire des Galliformes de Montagne.

(3) Critères de l’Observatoire des Galliformes de Montagne, repris dans le bilan démographique Pyrénées 2015.
 
 

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