Automne 2013   Gourgue d’Asque : l’impasse

A la Gourgue d’Asque, surnommée la « petite Amazonie des Pyrénées »,  l’entretien d’une piste secondaire qui n’était plus empruntée depuis plus d’une décennie, a réouvert le passage aux 4×4, quads et autres véhicules (voir l’article de Juin : « la Gourgue d’Asque fragilisée »). Malgré notre intervention, le Conseil Municipal d’Esparros a choisi de ne pas apposer de signalétique.


Résumé des faits :

La Gourgue d’Asque est un fond de vallon moussu inexploité à la puissance esthétique exceptionnelle, ayant retrouvé un fort caractère de naturalité, et habitat d’espèces protégées (nombreux amphibiens dont la salamandra salamandra, desman). A l’appel d’habitants des Baronnies choqués au printemps dernier,  nous nous sommes rendus sur le terrain et avons parcouru à pied l’accès réhabilité par Lasserre d’Arrodets, non utilisé depuis plus de 10 ans, jusqu’en bas dans la Gourgue. Cet entretien réouvre le passage aux véhicules. Or l’article L411 du code de l’environnement pose l’interdiction de détruire des espèces protégées ou leur habitat. Non seulement la salamandre est une espèce protégée nationalement, mais elle est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées et vulnérables, de par la fragmentation de son habitat. L’accès libre à cette zone fragile en véhicule motorisé pose donc un problème réel pour des espèces dites protégées.

D’autre part, la chenille qui a fait le travail a cassé les ambiances forestières, notamment au passage de l’envoutant Riou Serbie et en bas, dans la Gourgue même où la piste a été très élargie (jusqu’à 4 mètres de large au bord même du ruisseau).


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Passage du Riou Serbie, anciennement chemin mulatier

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En bas dans la gourgue



















Dans l’espoir de protéger la Gourgue d’Asque et de « limiter les dégâts »,  nous avons effectué une visite sur le terrain au mois de Juin avec 2 membres de la DDT et la mairie de la commune concernée, Esparros.

Nous avons demandé lors de cette réunion:

– concernant la piste de Lasserre d’Arrodets, d’apposer une barrière limitant le passage des véhicules après la dernière habitation, ou, à minima, un panneau règlementaire afin que la piste ne soit plus empruntée que par des ayants droits sélectionnés (engins agricoles et forestiers).

– d’autre part, à ce que le chemin magnifique de 3 kilomètres, qui suit le « ruisseau de l’Artiguette » en prolongation de la gourgue, ne soit pas transformé en piste.

Le maire nous a reçu très froidement et nous sommes allés sur le terrain où il a pu constater par lui même l’étendue des dégâts notamment paysagers. Il nous a dit soumettre rapidement ces demandes au Conseil Municipal et nous tenir informés rapidement.
 

Nature Midi Pyrénées et la DDT ont chacune adressé une lettre en Juillet à la commune d’Esparros.

Ci après, des extraits de la lettre de la DDT :

DDT LETTRE 2 compr

LETTRE DDT 1 retouchée

2 extraits de la lettre de la DDT adressée à la mairie d’Esparros le 16 Juillet 2013

Le site vieillesforets.com a essayé de contacter la mairie d’Esparros à de nombreuses reprises tout l’été, mais celle ci ne nous a adressé aucune réponse.

Des véhicules et quads ont été reportés dans la gourgue, empruntant la piste. Il est à craindre que des convois de véhicules de chasse avec remorques et chiens n’empruntent le même chemin à l’automne. C’est la DDT qui nous a tenu informés en Septembre: Malheureusement, le Conseil Municipal d’Esparros a choisi de ne pas apposer de signalétique, « car il n’y a pas que des agriculteurs ou exploitants forestiers qui empruntent cette piste, mais aussi des résidents des habitations permanentes ou non desservies par cette voie. »

 

Salamandre

Salamandre écrasée par passage de véhicule, gourgue d’Asque

PANNEAU

Type de panneau que nous avons demandé

















Il est à noter qu’après la dernière demeure, encore loin des zones touchées, il n’existe aucune habitation, seulement une bergerie qui n’est pas considérée comme une résidence secondaire (car sans assainissement ni électricité), où l’accès se fait par une piste très difficile en 4×4, et ne se faisait plus, de toute façon, depuis au moins 10 ans via ce chemin.

La réponse du conseil municipal nous semble donc, inappropriée.

Un avertissement en début de piste d’interdiction de passage après la dernière habitation, aurait simplement empêché les non ayants droits (dont quads, trials, etc) de s’engager en véhicule.

Nous constatons donc que le Conseil Municipal n’a pas suivi les recommandations de l’Administration.

C’est l’impasse : nous ne sommes pas arrivés à ce jour à un accord satisfaisant.
Nous sommes attristés de cette décision, et constatons la difficulté de protéger efficacement et dans la concertation, un patrimoine naturel exceptionnel mais qui n’est protégé par aucun statut règlementaire.
 

Classée en ZNIEFF 1 et 2, qui ont un rôle d’inventaire, la zone n’est pas incluse dans le périmètre Natura 2000 puisque celui ci s’arrête mystérieusement au niveau du ruisseau, mais sur la rive opposée !
 

Nous estimons continuer à faire notre devoir en alertant sur notre site les Hauts Pyrénéens, la plupart d’entre eux considérant la gourgue d’Asque comme un joyau et un lieu de promenade privilégié et intouché.
 

Nous espérons que les membres du Conseil Municipal d’Esparros seront un jour prochain sensibles à notre requète, qui représente un sentiment très largement partagé dans le département, et en tiendront compte dans les prochaines délibérations concernant ce territoire.

Nous tenons à signaler qu’une veille écologique existe au niveau de cet accès, et que malgré l’impuissance que nous ressentons face à ce problème, nous sommes satisfaits de l’impact qu’ont eu nos articles envers la population locale.


 

5 réflexions au sujet de « Automne 2013   Gourgue d’Asque : l’impasse »

    1. admin

      Bonjour, dans la situation actuelle, nous voulons croire que le conseil municipal sera sensible à notre requète.
      Il est toutefois toujours possible d’entreprendre une action en justice dans ce genre de cas, et dans un premier temps, de se
      renseigner auprès d’un avocat spécialisé en droit de l’environnement.

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  1. Tony

    Société de consommation égoïste ou l’on ne se soucie même pas de nos sens-blables. Alors les plantes et les animaux………………..
    C’est vraiment écoeurant et regrettable !
    Quand je vois que je peux passer cinq minutes à sauver un moucheron qui se noie dans une goutte d’eau dans mon lavabo, parfois je me demande si je suis né à la bonne époque ou sur la bonne planète.
    Heureusement qu’il y a des gens comme toi qui ont encore une âme et reconnaissent la valeur de la vie, même la plus infime.
    Heureusement aussi que ce site existe : ça redonne espoire !

    Répondre

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